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Prison avec sursis pour un ex-gendarme qui avait renversé trois « gilets jaunes »


Un ex-gendarme mobile a été condamné, lundi 4 janvier, en correctionnelle à Rouen à quatre mois de prison avec sursis après avoir renversé trois « gilets jaunes » lors d’une manifestation houleuse le 16 février 2019. Ce fonctionnaire, qui était alors gendarme mobile mais n’était pas en service ce jour-là, voit également son permis de conduire suspendu pour six mois. Et il doit verser 6 160 euros en tout de provision sur dommages et intérêts aux victimes.

« Le prévenu a commis une faute en partant manifestement très vite et en fauchant plusieurs personnes (…). Les faits sont graves », mais « le prévenu n’a pas voulu » blesser les manifestants, avait estimé lors de l’audience le 8 décembre Matthieu Milon, substitut du procureur de la République de Rouen.

Le magistrat avait requis 2 000 euros d’amende et huit mois de suspension de permis pour blessures involontaires contre ce fonctionnaire. Le prévenu n’était pas présent à l’énoncé du jugement lundi. Lors de l’audience, il avait reconnu avoir « accéléré franchement (…) pour protéger ma femme et mon bébé », après avoir reçu des projectiles sur son véhicule.
Les trois victimes, âgées de 23 à 47 ans, un technicien en centrale nucléaire et deux intérimaires, avaient reçu respectivement quinze jours, cinq semaines et six mois d’ITT. Une vidéo projetée à l’audience avait montré la voiture repartir en faisant un écart vers la gauche et en percutant des manifestants.

« Une situation extrêmement stressante »
« J’étais dans un état de panique », avait ajouté le prévenu, qui n’était pas un gendarme mobile de terrain mais travaillait dans les bureaux. Le fonctionnaire a présenté ses excuses aux blessés. « Il y avait des personnes virulentes autour de lui. C’était une situation extrêmement stressante pour tout le monde », avait aussi souligné le substitut du procureur.

Une des avocates des parties civiles, Chloé Chalot, s’était dite « surprise de la qualification de blessures involontaires »« Si vous aviez roulé au pas et tout droit, il n’y avait aucun blessé », avait-elle dit au prévenu, qui avait été placé en garde à vue pour violences volontaires avec arme. « D’autres voitures sont passées sans problème », avait-elle ajouté.

La défense avait de son côté plaidé « l’état de nécessité », ce qu’avait rejeté le parquet. « A tout moment son bébé risquait le décès », en prenant le toit en verre de la voiture sur lui, avait plaidé Laurent-Franck Lienard. « Mon client n’avait pas d’autre solution pour se soustraire que d’avancer vite », avait-il ajouté.

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